Les représentants du Canada, des Etats-Unis et du Mexique ont annoncé avoir réalisé du « progrès » lors du sixième round de renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), qui s’est clôturé lundi à Montréal, soulignant que les progrès réalisés jusqu’ici étaient suffisants pour continuer les négociations à la fin du mois de février prochain au Mexique.

Les trois ministres responsables des négociations pour les trois pays partenaires ont, dans ce sens, annoncé que la session de négociations de Montréal avait permis de clore un chapitre du nouvel accord, celui sur la corruption, alors que les précédentes sessions de négociations avaient permis d’en clore deux autres, soit celui sur la concurrence et celui sur les PME.

« Nous avons fait du progrès dans cette ronde de négociations », a affirmé la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, lors d’un point de presse, aux côtés du représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, et du ministre mexicain de l’Economie, Ildefonso Guajardo Villarreal.

« Il reste d’assez grandes différences entre les trois pays, mais dans cette ronde, nous avons commencé une vraie discussion sur ces enjeux », a-t-elle convenu.

De son côté, M. Lighthizer a reconnu que cette série de négociations « nous a permis de faire un pas en avant, mais nous progressons trop lentement », tout en affichant un certain optimisme en vue du prochain round.

« J’espère que les progrès s’accéléreront et nous travaillerons très fort entre maintenant et le début de la prochaine session », a-t-il dit.

Quant à M. Guajardo Villarreal, il a expliqué que son pays était déterminé à intensifier son engagement dans le processus de renégociation.

« Nous serons heureux de vous accueillir à la fin du mois de février dans le cadre de la septième session de négociations », a-t-il signalé.

Lors de ce point de presse, M. Lighthizer a saisi l’occasion pour reprocher au Canada d’avoir inséré « une pilule empoisonnée » dans sa proposition sur les règles d’origine dans le secteur de l’automobile, et a même critiqué « l’attaque massive » du Canada contre les Etats-Unis dans le dossier du bois d’oeuvre, et contre le comportement américain en général en matière de commerce international.

Réagissant aux propos virulents du représentant américain, Mme Freeland a emprunté le même ton, en évoquant des « propositions non conventionnelles » des Américains en ce qui a trait aux règles d’origine, tout en soutenant que le Canada considère que le conflit commercial relatif au bois d’oeuvre n’a rien à voir avec l’ALENA.

Des frictions demeurent toutefois, notamment entre le Canada et les Etats-Unis, divisés par de nombreux différends commerciaux depuis l’arrivée au pouvoir, il y a un an, du président américain, Donald Trump.

Les responsables américain et canadien ont ainsi manifesté un désaccord sur l’interprétation des déséquilibres commerciaux entre les deux pays. 

Selon plusieurs médias, les décisions importantes ont maintenant été confiées à l’administration Trump, les négociateurs ayant passé le relais à la Maison-Blanche, dimanche, dans les dossiers litigieux de l’automobile, du règlement des différends et de la clause crépusculaire.

Après cinq sessions peu fructueuses depuis la fin de l’été, les négociateurs canadiens ont proposé à Montréal de nouvelles « idées » pour tenter de satisfaire les demandes protectionnistes du président Trump.

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