Le Canada devrait investir 600 millions de dollars sur quatre ans pour venir en aide aux Rohingyas du Myanmar et aux centaines de milliers d’autres qui se sont réfugiés au Bangladesh au cours des derniers mois, a déclaré, mardi, l’envoyé spécial du Canada pour le Myanmar, Bob Rae.

«Le Canada devrait jouer un rôle de premier plan dans la réponse à la crise actuelle en intensifiant les efforts d’aide humanitaire et d’aide au développement au Bangladesh et au Myanmar», a précisé M. Rae dans son rapport rendu public.

«La réponse du Canada devrait être centrée sur l’aide humanitaire, l’éducation, le soutien aux infrastructures et l’atténuation des répercussions de leur déportation violente sur les femmes et les filles Rohingyas en offrant un important soutien aux Nations Unies et aux organisations internationales travaillant dans les camps et ailleurs», a-t-il insisté.

«J’estimerais à 150 millions de dollars par an, pour les quatre prochaines années, les coûts additionnels à consacrer à cet effort combiné, ce qui comprend du personnel supplémentaire à l’administration centrale et à l’étranger», a fait savoir M. Rae.

Il a aussi recommandé dans son rapport que le Canada devrait faire savoir qu’il est prêt à accueillir des réfugiés de la communauté des Rohingyas provenant du Bangladesh comme du Myanmar, et devrait encourager la discussion entre pays aux vues similaires pour qu’ils emboîtent le pas.

«Cette position ne diminue en rien les obligations du gouvernement du Myanmar d’accepter leur responsabilité suite à la déportation des Rohingyas loin de leurs foyers dans des circonstances particulièrement violentes», a-t-il affirmé.

Depuis la fin août, plus de 671.000 Rohingyas, surtout des femmes et des enfants, ont fui l’Etat de Rakhine, au Myanmar, pour se rendre au Bangladesh voisin pour fuir les violences de l’armée birmane, accusée d’avoir brûlé des villages et commis des exactions.

Afin de «mettre fin à l’impunité» face aux persécutions, M. Rae a, en outre, appelé à la mise sur pied d’un processus d’enquête en collaboration avec d’autres pays «aux vues similaires» au sein des Nations Unies, estimant que les éléments de preuve recueillis pourraient éventuellement être envoyés devant la Cour pénale internationale.

Il a aussi recommandé que l’enjeu des Rohingyas fasse l’objet de discussions au cours de la rencontre des chefs de gouvernement du Commonwealth au Royaume-Uni, en avril, ainsi que durant la réunion des leaders du G7 à Charlevoix (Québec), en juin prochain.

Suite à la publication de ce rapport, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a affirmé que son pays s’engage à contribuer à résoudre cette crise, ajoutant qu’au cours des prochaines semaines, Ottawa va étudier les recommandations contenues dans le rapport, et présenter les autres mesures à prendre.

Il a signalé que le Canada continue de faire avancer le travail humanitaire essentiel dans cette région, rappelant que depuis le début de 2017, Ottawa a versé 45,9  millions de dollars à ses partenaires de l’aide afin qu’ils puissent offrir un soutien vital aux réfugiés qui tient compte de leurs besoins en matière de l’égalité des sexes, aux personnes déplacées et aux communautés qui les accueillent.

«Nous continuerons de travailler en étroite collaboration avec la communauté internationale et les Nations Unies afin de définir la voie à suivre. Nous avons la responsabilité commune à l’échelle globale de répondre à cette crise ainsi qu’aux besoins des personnes déplacées et les plus vulnérables», a conclu M. Trudeau.

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