Figure emblématique et incontournable du patrimoine humanitaire, cet exécutant du métier de « parole » a bien marqué la mémoire populaire et collective des peuples depuis la nuit des temps. Son métier de diffuseur de nouvelles, l’influence considérable qu’on lui conférait, démontrait bien l’importance de la communication orale dans une société illettrée et analphabète.

Si le métier de Crieur Public fait partie de l’histoire ancienne en occident, il est toujours fonctionnel, de nos jours, dans plusieurs régions du monde où l’analphabétisme sévit toujours. En Afrique, notamment, le métier s’est relativement modernisé, le mégaphone transporté en voiture, a remplacé les autres instruments utilisés jadis, tels le tambour, la clochette ou la trompette.

Moyen de communication officiel par excellence, le crieur public parcourrait les villes et villages et s’arrêtait dans les places, les marchés, annonçait les grandes nouvelles à la population et récitait son texte à haute voix, ponctué de sons de clochette, de tambour ou de trompette. Ce même texte était raconté et transmis de bouche à oreille, sans rester fidèle, bien sûr au texte initial, subissant des ajouts, des commentaires, tout dépend de l’imaginaire de la personne qui transmet. Cette tendance à la désinformation, aux spéculations n’est pas l’apanage d’un peuple, mais elle est propre à tous les Humains.

Le crieur public fut un vrai relais de transmission orale pendant des siècles. Fonctionnaire itinérant par excellence, son apparition dans le village faisait le bonheur des petits et des grands. Pour les premiers, c’est l’insolite, et pour les seconds c’est le message de bon ou de mauvais augure. Tout dépendait des nouvelles rapportées! Dans la culture populaire arabe, le Berrah était surtout synonyme de bonnes nouvelles.

Aujourd’hui, à l’heure du numérique et des réseaux sociaux, Un certain nostalgique du crieur public, a voulu mettre au goût du jour cette profession pionnière de la communication orale. Dans la ville d’Autun (Saône-et-Loire), en France. Un vendredi par mois, à partir de mi-avril et durant tout l’été, sur la place du marché, Augustin Tamare, crieur de rue, diffusera de l’information, comme le faisaient autrefois le garde champêtre ou le tambour de ville.

Cette action, initiée par le service communication, en partenariat avec différents services de la ville d’Autun, a pour but de recréer, à l’heure du portable et d’Internet, du lien et du contact avec les habitants qui pourront ainsi se réapproprier la parole publique.

La municipalité souhaite ainsi créer « un nouvel espace de parole vivante ». C’est un comédien qui exercera ce métier tombé en désuétude. Des urnes ont été déposées dans différents points de la ville afin de recueillir les bulletins des habitants. « Il s’agira de pensées ou de messages personnels, de petites annonces, de coups de cœur ou de coups de gueule »…

Belle initiative pour une communication plus humaine et surtout plus chaleureuse…..

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