Eh oui, une rente de 8000 Dh équivaut à « jouj frank ». Pas juste pour un parlementaire, mais dans l’absolu !

On s’entend que la déclaration de la ministre est non seulement inappropriée, et que l’expression « Jouj frank » est indigne d’un membre de l’exécutif, mais il n’en demeure pas moins que, de nos jours au Maroc, 8000 Dh ne suffisent même pas à se procurer un logement décent, et encore moins à couvrir les dépenses de la vie quotidienne !
Par contre, et à part les indignations, je n’ai pas encore vu, ni sur le Web, ni ailleurs, une proposition concrète au problème du rendement des parlementaires.

Je suis contre le principe de la retraite (à vie) des parlementaires. Une retraite qui ne bénéficie pas qu’au « représentant du peuple », mais également à ses enfants après son décès.
Les parlementaires devraient être payés pour leur travail, mais ils devraient pour cela consacrer au moins huit heures de leur journée entre le travail parlementaire, proprement dit, et les heures consacrées à étudier les doléances des citoyens qui les ont élu.

Par ailleurs, tous les parlementaires ne viennent pas de la fonction publique. Il n’est donc pas facile pour toutes et tous de réintégrer leurs emplois respectifs. Sinon, que ferait un parlementaire qui était au chômage, commerçant, entrepreneur, ou marchand ambulant, avant d’être élu ?
J’estime qu’il faut trouver le moyen de rémunérer les parlementaires qui n’exercent plus comme tels, mais pour une période déterminée (une à 3 années), en attendant qu’ils réintègrent le marché du travail ou qu’ils relancent leurs anciennes affaires. Il pourrait s’agir également d’une « indemnité de départ » raisonnable, définie à l’avance.

Certains diront « Les parlementaires ne font déjà rien pour le peuple. Pourquoi voulez-vous qu’on les payent et qu’on leur assure une quelconque indemnité ? ».
Dans ce cas, pourquoi les avoir élus ?

Le problème n’est pas tant dans la rémunération des parlementaires, que dans la loi électorale et son application, s’il n’est pas au niveau des électeurs eux-mêmes.
Nombreux sont les abus constatés et relayés par les médias sociaux. Certains candidats aux élections ont distribué des poules, des moutons, des denrées alimentaires, etc. Non seulement, c’est ridicule, mais cela devrait être puni par la loi.
Cependant qui veille à l’application de cette loi ? Qui surveille les budgets alloués par les candidats et leurs partis aux campagnes électorales ? Qui d’entre nous ont étudié les prédispositions du code électoral ?

L’expérience canadienne en la matière me parait un exemple à suivre pour la consolidation de la pratique démocratique. Au Canada l’application de la loi électorale est confiée au « Directeur Général des Élections » qui est, au fait, une institution nécessairement impartiale, intègre et, surtout, tenue d’une reddition de comptes comme toutes les structures faisant partie de l’administration publique canadienne. Le DGÉ, qui est indépendant du ministère de la sécurité publique (ministère de l’intérieur au Maroc), a la charge de veiller à l’application de la loi électorale et au bon déroulement des élections. Il est également chargé de recevoir les signalements d’abus, d’instruire des enquêtes, de produire des rapports d’infraction, et de saisir les autorités judiciaires quant aux entorses à la loi électorale.

Par ailleurs, nous commettons une erreur quand nous comparons la rente des parlementaires marocains aux salaires des travailleurs du secteur public, et mêmes de certaines compagnies privées. L’erreur est de comparer 8000 Dh aux salaires que perçoivent les smigards. Car ni le SMIG, ni les 8000 Dh ne suffisent à garantir le minimum vital au Maroc. Le SMIG doit être bonifié en fonction du cout de la vie, et devrait permettre aux employés de l’État et du privé de vivre décemment.

Cependant, le Maroc est loin d’être un pays riche. Pire encore, il est gravement endetté !
La solution est donc dans la rationalisation de la dépense publique, et dans la création de la richesse. Cela exige, bien entendu, de la volonté politique, de la créativité, une réforme de l’administration publique, mais aussi et surtout, la mise en place d’une reddition de comptes.

3 Réponses

  1. Nagia

    meme si la question se pose sur l’avenir des parlementaires qui rappelons sont souvent issues des plus nantis de nos concitoyens….on peut concevoir que pour un fellah qui a travailler toute sa vie a nourrir ses memes concitoyens et qui pourtant ne pourra vivre que de ce que ses enfants voudrons bien lui donner ou meme pire pour certain qui ne peuvent vivre que de l’aumône de ces toujours memes concitoyens…..
    donc quand on qualifie 8000 dh de Jouj franc, cela me choque car combien au Maroc sont-ils a les gagner ces jouj franc ? ou alors le fait d’être parlementaire pendant quelques années justifie t il d’avoir un statut et une retraite spéciale? et est-ce que ce meme parlementaire est plus au service de ses concitoyens que le boulanger, le boucher, le pâtre ou le fellah? donc peut être faut-il non seulement penser a la retraite des parlementaires mais également a tous ceux qui œuvrent pour leurs concitoyens sans aucune carotte a la fin!

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  2. hamid

    la majorité des marocains touchent 2000 a 2500 voir 3000 dh si 8000 dh ne sufisent pas pour avoir un logement alors il est temps de se poser la question : comment vivent alors tous ces marocains touchent réellement jouj franque !!!!!! cette micistre a insulté la majorité des marocains Elle ne mérite pas detre parlementaire J’espere que le roi va la fouttre dehors …..si elle ne sait pas parlé et quelel nest pas éduqué alots quelel revienen chez papa il lui donnera plus que jouj franq

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  3. Qaddour

    S.M.I.C. est une appelation qui est en France et n’a rien à voir avec le Maroc. D’ailleurs, c’est « S.M.I.C. » et non pas SMIG !

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