Entre la fainéantise et le courage, il y a un pas à franchir, me disait toujours ma défunte mère quand elle voyait que j’avais du mal à terminer mes devoirs ou à apprendre mes cours d’histoire-géo. Elle sentait bien que je feignais la fatigue pour remettre à plus tard cette corvée. Simple paresse passagère ou procrastination ?
Toujours est-il que la sagesse de ma mère et la morale tirée de ses paroles m’affectaient au plus profond de moi et je me pressais à renoncer à mon jeu et à bannir ma paresse.

Aujourd’hui, devant l’ampleur du phénomène qui gagne de plus en plus nos jeunes, la question se pose toujours et l’on se demande s’il s’agit d’une simple paresse passagère ou d’un phénomène de procrastination généré par un mode de vie stagnant et stressant. Qui d’entre nous n’entend pas au quotidien : laisse faire maman, c’est trop tôt, j’ai le temps de le faire après ! Rien ne presse…

Le problème devient pesant et le phénomène récurrent au point de l’insupportable, aussi bien pour les parents que pour les spécialistes, toutes tendances confondues.

Avant de s’étaler sur le sujet, voyons d’abord la définition de la procrastination : Tendance pathologique à différer, à remettre l’action au lendemain, nous dit Larousse.

Elle touche environ 50 % des étudiants, contre 30 % en moyenne de la population adulte, selon le psychothérapeute français Bruno Koeltz, spécialiste du sujet.
Pour le psychologue Marios Sirois de l’Université Bishop (Sherbrook, Québec) : « Si on se dit qu’on devrait tondre le gazon parce que notre voisin vient de le faire, mais que finalement on ne le fait pas, ce n’est pas de la procrastination.
La procrastination devient un problème quand on sait qu’on doit faire quelque chose, que c’est important de le faire, que c’est le temps de le faire et même urgent, mais qu’on ne le fait pas ».

Et M. Sirois d’ajouter que la procrastination est « un très mauvais conditionnement qui se passe strictement dans le cerveau émotionnel, qui refuse d’écouter le cerveau rationnel. Si vous avez tendance à procrastiner durant vos études, ce comportement va vous suivre dans votre vie professionnelle ». De plus, comme ces retardataires chroniques exécutent leurs tâches à la dernière minute et dans un état de stress et de lassitude, voire d’épuisement, le cerveau émotionnel s’en souvient et devient de plus en plus retissant à laisser les rênes au cerveau rationnel.

Et comment s’en sortir ?
Pour Mario Sirois, il s’agit de déconditionner notre cerveau : « Il faut défaire le lien qui existe entre le fait d’effectuer une tâche et l’émotion négative qu’elle suscite ». Une fois qu’on a réussi à consacrer un certain temps à cette tâche (15 minutes, 30 minutes ou une heure), on s’accorde une récompense. « Par exemple, on appelle une amie, on va marcher avec le chien ou on joue à un jeu vidéo », ajoute M. Sirois. Tranquillement, notre cerveau associera cette tâche à une émotion positive.

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