Pour beaucoup de canadiens d’origine maghrébine, la culture des « petits boulots » pendant l’adolescence était quasi inexistante. Notre entourage ne le permettait pas, car faire travailler les jeunes, était synonyme de conditions de vie familiale précaires. Les employeurs non plus n’étaient pas enthousiastes à l’idée de confier une quelconque tâche à un adolescent qui n’aurait pas encore fait ses preuves dans la vie. Résultat de cette mentalité, des jeunes loin d’être prêts à affronter la réalité de la vie professionnelle et ses exigences. Ils ont souvent du mal à se frayer un chemin dans la vie active, une fois le diplôme universitaire décroché.

Au Canada, le sujet de l’employabilité ou non des jeunes adolescents, ne fait pas l’objet d’une polémique. Il n’y a pas de quoi inquiéter les organismes et les instances de protection de la jeunesse. Les jeunes ont besoin de sous et d’expériences, ils peuvent travailler pour avoir les deux. Beaucoup de questionnements orbitent cependant autour des emplois que nos jeunes adolescents pourraient exercer, particulièrement en cette période de l’année où les vacances scolaires d’été arrivent à grands pas.

Au Québec, il y a des normes qui réglementent le travail des jeunes actifs et les protègent contre les abus en tous genres.  Ces normes dissuadent certains employeurs d’abuser de la naïveté de cette catégorie vulnérable et inexpérimentée d’employés. À titre d’exemple, un adolescent de moins de 16 ans, qui n’a pas encore obtenu sa cinquième secondaire ne peut travailler pendant les heures de classe, ni durant la nuit entre 23h00 et 6 h00 du matin. Si l’enfant a moins de 14 ans, l’employeur doit exiger l’autorisation écrite d’un de ses parents ou de son tuteur avant de l’engager.

Il existe certaines exceptions pour le travail nocturne des jeunes, comme les livreurs de journaux, les artistes et les moniteurs des colonies de vacances pendant l’été. Ceux-ci peuvent exercer entre 23 h et 6 h, s’ils logent chez l’employeur.

Et nos adolescents d’origines maghrébines ont-ils réussi à intégrer ce volet important pour la consolidation d’une bonne personnalité en devenir ? Surprenant mais réel, nos jeunes adolescents maghrébins ont, aussi, réussi à intégrer différents petits emplois leur permettant d’acquérir des compétences dans le service à la clientèle. Ceci représente une clé de voute pour une intégration approuvée dans la société canadienne. Ses expériences professionnelles, lorsqu’elles figurent sur le Curriculum Vitae de nos adolescents, leur ouvrent des perspectives considérables et affirment la confiance que quelques organismes de financement d’études, voir même les universités elles-mêmes auront pour accepter le dossier d’un jeune employé.

Il y va du gardiennage d’enfant à la restauration, du ‘’camelotage’’ au travail de moniteur de camp de jour ; en somme, toute activité qui les aideraient à développer leur confiance en eux et alimenterait leur portefeuilles de quelques centaines de dollars par semaine, un gain conséquent par rapport aux besoins et à l’âge des jeunes actifs.

Et le rôle des parents dans ce processus de débrouille ? Contrairement à leurs propres expériences, les parents d’origine maghrébine sont en majorité favorables à cet apprentissage. Ils encouragent leurs enfants à faire partie de cette sphère en perpétuel mouvement. Certes, la mentalité est différente et l’éducation l’est, assurément aussi, mais ces parents ont compris que pour assurer à leurs enfants une parfaite inclusion dans la société canadienne, une activité professionnelle resterait le meilleur indice de l’adaptation de notre jeunesse à l’environnement sociétal canadien.

Plusieurs sites internet aident les jeunes à trouver des emplois, les journaux aussi sont efficaces en matière de publication d’offres d’emploi pour la jeunesse. Des portes ouvertes sont organisées de façon saisonnière pour les grandes bannières de restauration rapide, sans oublier les candidatures spontanées par dépôt de Curriculum Vitae chez l’organisme ciblé.

Encourager l’implication active des jeunes de la communauté maghrébine, assurera une relève dont nous seront très fières, dans un futur très proche.

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