La Commission internationale du commerce des Etats-Unis (USITC) a tranché, vendredi, en faveur de Bombardier dans le litige qui l’oppose au géant Boeing et ce, en rejetant les droits compensatoires et antidumping de 292 pc fixés par le Département américain du Commerce sur les ventes des avions de la « CSeries », que la multinationale québécoise n’aura pas à payer pour ces appareils.

Les membres de l’USITC ont jugé à l’unanimité que les industriels américains, en l’occurrence Boeing, n’étaient pas affectés par le programme d’avions de Bombardier.

Suite à cette annonce, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, s’est félicitée de cette décision, affirmant qu’elle « permettra de préserver des emplois bien rémunérés de la classe moyenne, et ce, des deux côtés de la frontière ».

« Nous sommes très heureux du résultat du vote de l’ITC annoncé aujourd’hui confirmant la position du Canada selon laquelle les appareils C Series de Bombardier ne constituent pas une menace commerciale pour Boeing », a déclaré Mme Freeland.

« L’industrie aérospatiale innovante du Canada est un secteur vital de notre économie depuis longtemps puisqu’elle soutient plus de 200.000 emplois de la classe moyenne partout au pays », a-t-elle ajouté, précisant que le gouvernement d’Ottawa défendra « toujours vigoureusement » l’industrie canadienne de l’aérospatiale et ses travailleurs contre les pratiques commerciales « protectionnistes ».

De son côté, Bombardier a affirmé que la décision de la Commission américaine est « une victoire pour l’innovation, la concurrence et la primauté du droit ».

« C’est aussi une victoire pour les compagnies aériennes américaines et le public voyageur des Etats-Unis », a estimé l’avionneur dans une déclaration rendue publique, ajoutant que le développement et la production des avions « CSeries », qui sont les avions les plus novateurs et les plus efficaces à avoir été créés depuis une génération, représentent des milliers d’emplois aux Etats-Unis, au Canada et au Royaume-Uni.

« Ce dossier étant réglé, nous continuons à progresser rapidement dans la réalisation de notre partenariat avec Airbus », a fait remarquer Bombardier, notant que la planification de l’intégration « se passe bien ».

« Nous sommes impatients de livrer les avions CSeries au marché américain afin que les compagnies aériennes et le public américains puissent bénéficier des nombreux avantages de ces avions incomparables », a poursuivi le constructeur aéronautique québécois.

Pour sa part, le ministre fédéral du Commerce international, François Champagne, a, sur Twitter, estimé que c’est un « bon résultat pour Bombardier, pour notre secteur aérospatial à travers le pays, pour nos travailleurs, pour l’équité ».

« La logique a prévalu, c’est une bonne nouvelle, c’est vraiment très bien, on est très content », s’est réjoui, dans le même ordre d’idées, le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, dans une déclaration à la presse à Shanghai, en Chine.

Selon M. Couillard, cette décision « totalement inattendue » valide la crédibilité de la Commission internationale du commerce des Etats-Unis, qui n’aurait pas été influencée par les orientations protectionnistes du président Donald Trump.

Il a aussi signalé qu’il croit que ce verdict unanime devrait décourager Boeing d’interjeter appel.

Dans la même veine, la Première ministre britannique Theresa May a, elle aussi, salué cette décision, soutenant que Bombardier joue « un rôle vital » dans l’économie de l’Irlande du Nord.

Quant au géant Boeing, qui n’a pas précisé s’il allait faire appel de cette décision, il s’est dit « déçu » que la Commission internationale du commerce des Etats-Unis ne reconnaisse pas le préjudice dont il s’affirme victime.

« Nous allons examiner l’avis de la Commission un peu plus en profondeur au fur et à mesure que les détails seront publiés dans les prochains jours », a indiqué l’avionneur américain.

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