Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a affirmé, lundi, à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de l’attentat terroriste survenu au Centre culturel islamique de Québec, que le gouvernement du Canada demeure « solidaire » avec la communauté musulmane du pays, tout en soulignant que les Canadiens continueront à lutter contre l’islamophobie et à défendre la diversité qui fait la force du Canada.

« Le gouvernement du Canada est solidaire de la communauté musulmane du Canada. Nous continuerons à lutter contre l’islamophobie, à agir contre elle et toute autre forme de haine et de discrimination, et à défendre la diversité qui fait la force du Canada », a soutenu M. Trudeau dans une déclaration rendue publique.

« Il y a un an ce soir, six personnes ont perdu la vie et dix-neuf autres ont été gravement blessées lors d’un attentat insensé, perpétré au Centre culturel islamique de Québec, à Ste-Foy », a-t-il rappelé.

« En cet anniversaire solennel, je me joins aux Canadiens de partout au pays pour honorer ceux qui nous ont quittés trop tôt. Nos pensées accompagnent les victimes, leurs proches et tous ceux qui vivent encore avec la douleur et les traumatismes provoqués par l’attentat », a ajouté M. Trudeau, tout en rendant également hommage aux premiers répondants, dont le courage et le professionnalisme ont sauvé des vies ce soir-là.

Et le Premier ministre de préciser que « cet attentat terroriste visait tous les Canadiens. Il cherchait à mettre à l’épreuve notre détermination et à affaiblir nos valeurs. Mais cela ne s’est pas produit », faisant remarquer que dans la foulée de cette attaque, un mouvement de solidarité s’est formé partout au pays et tous les Canadiens se sont unis pour condamner l’attentat et contrer la haine au moyen de l’espoir.

« Une année plus tard, notre message n’a pas changé : nous sommes plus forts ensemble. Peu importe nos croyances ou l’endroit où nous sommes nés, nous sommes des membres égaux de ce pays », a-t-il martelé, soulignant que « nous ne laisserons aucun geste d’intolérance nous diviser ou donner à des Canadiens l’impression de ne pas être ici chez eux ».

Sur le même ton, M. Trudeau a indiqué, durant la journée, à la Chambre des Communes que l’attentat de Québec est un rappel brutal que la lutte contre le racisme et l’intolérance est loin d’être gagnée au pays.

Prenant la parole devant les députés de la Chambre, le Premier ministre a soutenu que les six personnes qui ont été tuées il y a un an « sont mortes sous les balles de l’ignorance et de la haine ». 

« Il y a un an, le Canada pleurait la perte des siens. (…) Nous savons aujourd’hui que ces six personnes sont mortes sous les balles de l’ignorance et de la haine – aux mains de l’islamophobie et du racisme, qui n’auront jamais leur place dans notre société », a-t-il fait constater, affirmant que ce geste de violence était « non seulement inexcusable, mais inacceptable ».

M. Trudeau, qui a tenu à nommer chacune des victimes (Khaled Belkacemi, Azzedine Soufiane, Abdelkrim Hassane, Aboubaker Thabti, Mamadou Tanou Barry et Ibrahima Barry), a déclaré que les Canadiens se sont unis après cette tragédie pour rejeter la haine et l’intolérance. 

« Ensemble, nous avons choisi l’amour plutôt que la haine ; la compassion plutôt que la violence ; la solidarité plutôt que la division. Ensemble, nous nous sommes montrés à la hauteur des valeurs qui sont au coeur de l’identité canadienne, nous nous sommes montrés sous notre meilleur jour malgré la noirceur », a-t-il insisté.

« Il y a un an, nous avons fait honneur à la mémoire de ceux qui nous ont quittés trop tôt ; nous avons montré notre solidarité à la communauté musulmane qui, trop souvent, est ciblée par la haine. Alors que nous soulignons ce sombre anniversaire, (…) avons-nous condamné les autres cas de racisme avec autant de vigueur que nous l’avons fait il y a un an ? Avons-nous défendu la liberté des autres – que ce soit le droit de prier, le droit d’aimer ou simplement le droit d’exister – comme nous défendrions les nôtres ? », s’est-il interrogé.

Et M. Trudeau de répondre : « Nous ne pouvons pas ramener les personnes qui ont été fauchées, mais nous leur devons de combattre les sentiments qui ont mené à leur mort ».

« Nous leur devons de dénoncer et de s’élever contre toute forme d’islamophobie et toute forme de discrimination », a-t-il encore martelé.

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