Une année, jour pour jour, après l’attentat perpétré à la mosquée de Québec, une soirée commémorative a été organisée lundi à Québec, où des centaines de personnes, ayant bravé le froid polaire et le vent glacial, se sont réunies pour rendre hommage aux victimes de cette attaque barbare, alors que plusieurs survivants, des veuves et des politiciens ont saisi cette occasion pour lancer de nouveau un appel solennel au vivre-ensemble.

Dans ce sens, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a exhorté les Canadiens à combattre l’islamophobie et «toute forme de discrimination», tout en lançant un appel au dialogue et en souhaitant qu’une réflexion sur l’islamophobie se poursuive.

«L’islamophobie, ça nous dérange. C’est une réflexion qu’il va falloir avoir en tant que société. Creuser et se demander pourquoi ça nous dérange », a affirmé M. Trudeau.

«On a tous peur, des fois. On a peur de l’inconnu, on a peur de l’étranger. Il faut passer au-delà de ça, mes amis. Il faut reconnaître nos propres faiblesses, nos propres craintes. Il ne faut pas faire semblant que ça n’existe pas», a-t-il soutenu, tout en pointant du doigt La Meute, ce groupe identitaire d’extrême droite hostile à l’immigration.

«C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance et les discriminations contre la communauté musulmane. On sait c’est qui. C’est les racistes, c’est l’autre, c’est les nonos qui se promènent avec une patte de chien sur le t-shirt », a-t-il déclaré.

De son côté, le Premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a précisé que «L’islamophobie, l’antisémitisme, le racisme envers les personnes de couleur, l’homophobie : toutes ces manifestations de rejet doivent être condamnées avec force, mais par la non-violence».

Il a aussi rappelé l’importance des mots que l’on choisit lors de son allocution. «Les mots qu’on utilise sont de toutes sortes. Ils peuvent trancher, ils peuvent blesser, ils peuvent faire mal, mais ils peuvent unir et guérir aussi», a-t-il indiqué.

«Ce que j’ai retenu – et je tiens à le dire aux Québécois et aux Québécoises de confession musulmane qui sont ici à Québec -, c’est mon admiration pour ces gens qui, dans les jours qui ont suivi l’horreur, l’attaque, ont eu des mots de pardon», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le maire de Québec, Régis Labeaume, a martelé qu’il refuse que sa ville «soit associée à la violence et à la haine». «Condamnons ce soir et demain tous ceux qui, insidieusement, soufflent sur les braises de l’islamophobie et le racisme», a-t-il lancé.

«Le 29 janvier 2017, un individu s’est lâchement attaqué à mes voisins, des citoyens de Québec venus s’établir ici pour se bâtir un avenir meilleur. (…) Je ne reconnais pas ma ville dans ce geste insensé. Cela n’est pas Québec», a-t-il fait observer.

«Ma ville est une ville de tolérance, ouverte et accueillante, et ce soir, ma ville pleure ses citoyens disparus et honore leur mémoire», a-t-il poursuivi.

Dans la même veine, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a déclaré qu’«On ne trouve pas les mots pour expliquer cette tragédie, cet acte ignoble qui a été fait par un individu qui s’est attaqué à une population, à des gens qui faisaient la prière».

Devant de nombreux dirigeants politiques et citoyens, le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi, a tenu, lui, à livrer un message d’espoir.

«Nous commémorons aujourd’hui six concitoyens morts sous les balles de la haine, de l’intolérance et du terrorisme», a-t-il dit, tout en exprimant sa solidarité avec les familles des six victimes.

«Devant la dureté de cette épreuve, je leur dis « courage ». Nous sommes avec vous tous. Vous avez fait honneur à votre communauté et à votre pays, le Canada, par votre dignité et votre sérénité», a-t-il ajouté.

Il a, en outre, soutenu que «cette tragédie nous rappelle à tous la nécessité du vivre ensemble. Que ce soit hier ou avant-hier, nous avons franchi terre et mer pour nous installer au sein de cette nation».

Tout au long de cette soirée empreinte de grande émotion, des veuves, des proches des victimes et des survivants ont livré, tour à tour, des témoignages émouvants pour rendre hommage aux six personnes tuées et souligner l’élan de compassion et de solidarité affiché par l’ensemble des Québécois et des Canadiens suite à ce drame, tout en insistant sur la nécessité de conforter le vivre-ensemble harmonieux au Québec et au Canada.

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