-Par Hassan EL AMRI-.

– Les passionnés de musique ont eu droit, dimanche soir, à la salle de concert Oscar Peterson à Montréal, à une majestueuse prestation marquée par un sublime récital donné par la chanteuse maroco-canadienne Leila Gouchi et le grand artiste Benjamin Bouzaglo, qui ont gratifié le public, venu très nombreux, d’un concert grandiose de musique andalouse, qui restera gravé dans la mémoire de leurs fans.

Placée sous le signe « Magie d’Andalousie », cette belle soirée mémorable, pleine d’émotions et empreinte de nostalgie, a permis aux deux chanteurs, aux talents confirmés, d’inviter l’assistance, composée notamment des membres des communautés marocaine et juive établies au Canada, à un voyage musical authentique pour savourer les mélodies envoûtantes et les belles partitions et sonorités entraînantes puisées dans le riche répertoire de musique arabo-andalouse avec ses composantes arabo-musulmane et judaïque.

Ce concert aux saveurs de musique andalouse, organisé par la Communauté sépharade unifiée du Québec, dans le cadre du 37ème festival séfarade de Montréal (du 27 novembre au 07 décembre), a été à la hauteur de toutes les attentes, à travers une interprétation on ne peut plus magistrale des deux chanteurs, qui se sont relayés sur scène avant de chanter en duo, pour donner le meilleur d’eux-mêmes, avec une grande passion et sensibilité, et ainsi permettre à un auditoire totalement conquis et très enthousiasmé, d’apprécier le raffinement de cet héritage musical universel et de ces chants nostalgiques de la musique andalouse.

Dans une ambiance conviviale et très accueillante, Leila Gouchi et Benjamin Bouzaglo, qui étaient accompagnés de l’Orchestre sépharade andalou de Montréal, mené avec maestria par la compositrice Katia Makdissi-Warren, ont ébloui les férus de musique, qui se sont délectés par cette belle balade artistique dans l’univers musical andalou, et qui ont été émerveillés par cette parfaite alchimie créée entre les notes de musique savamment exécutées par les 14 instrumentistes et l’interprétation exceptionnelle livrée par les deux chanteurs, qui est digne, de l’avis de plusieurs spectateurs, de celle des grands maîtres de cet art musical.

Grâce à leurs voix agréablement captivantes, à leur remarquable prestance sur scène et à l’originalité de leurs talents, Leila Gouchi et Benjamin Bouzaglo ont ainsi interprété avec grâce et magnificence, souvent sous des salves d’applaudissements et de youyous stridents, un florilège de chansons et de chants du répertoire musical arabo-andalou et judéo-marocain, au grand plaisir des festivaliers qui, totalement fascinés par ce dialogue de sonorités harmonieuses, ont vécu, le temps d’une soirée dominicale, d’inoubliables moments de béatitude musicale.

Le public s’est ainsi laissé emporter, deux heures durant, par cette fascinante escapade musicale pour savourer, non sans nostalgie, toute la beauté de ces chants et notes de musique puisés dans ce riche héritage authentique, et partager en communion de grands moments de bonheur et d’enchantement avec deux chanteurs qui font partie de cette nouvelle génération d’artistes inspirants qui s’évertuent à revisiter, à leur façon, le répertoire de la musique andalouse.

A travers leur prestation magnifique, voire inégalée, à laquelle ont assisté notamment des personnalités du monde politique, académique, artistique et de la société civile au Québec, Leila Gouchi, avec sa voix voluptueuse et enchanteresse, et Benjamin Bouzaglo, aux qualités vocales exceptionnelles au timbre bien particulier, ont chanté pour célébrer les valeurs de paix et de dialogue interreligieux et interculturel, et enchanté par la même les spectateurs, avec qui ils ont partagé leur grande passion pour ce genre musical millénaire, qui a bercé plusieurs générations.

A la fin de ce spectacle de grande facture, Leila Gouchi, Benjamin Bouzaglo et les membres de l’Orchestre sépharade andalou de Montréal ont eu droit, une nouvelle fois, à des torrents ininterrompus d’applaudissements et à une longue et chaleureuse standing ovation de la part de l’assistance qui a allègrement profité, le temps de cette soirée, de moments exceptionnels de musique andalouse.

Avant que le concert ne prenne son envol, la Consule générale du Royaume du Maroc à Montréal, Habiba Zemmouri a, dans une allocution, souligné le rayonnement croissant que connaît depuis 37 ans le festival séfarade de Montréal, qui constitue un événement culturel de grande envergure et un rendez-vous annuel, dont la réputation est acquise à la faveur d’un travail de longue haleine et d’une riche programmation artistique et culturelle empreinte d’une innovation constante.

Elle a ajouté que toutes les années écoulées ont, certes, témoigné d’un succès avéré du festival séfarade, mais l’édition 2017 revêt un caractère original car elle vient s’inscrire dans le cadre des festivités organisées dans le cadre du 375ème anniversaire de Montréal, qui ont mis en exergue la diversité et l’interculturalisme de la métropole ouverte et inclusive et qui vibre continuellement au rythme de ses artistes et créateurs.

La Consule générale a, par ailleurs, affirmé que cette soirée de musique andalouse est une rencontre fusionnelle qui fait savourer ce bonheur de la diversité culturelle et du vivre ensemble, des valeurs attestées par des épisodes mémorables et des chapitres forts et connus de l’histoire du Royaume, qui s’enracinent davantage de nos jours grâce aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à l’image d’un Maroc fondamentalement tolérant, et résolument engagé en faveur de la paix et du dialogue des civilisations.

De leur côté, d’autres intervenants, dont notamment le président de la Communauté sépharade unifiée du Québec, Henri El Baz, et le directeur du festival séfarad de Montréal, Dave Dadoune, ont mis en exergue cet événement artistique et culturel incontournable qui, tout en incarnant les valeurs de paix, de tolérance et de fraternité entre les peuples, se veut un hymne à l’harmonie, au vivre-ensemble et au dialogue des cultures.

Ils ont, dans ce sens, affirmé que le Royaume du Maroc demeure un modèle d’ouverture, de dialogue des cultures et des cultes, de vivre-ensemble et de tolérance dans le monde arabe.

Ils ont, en outre, indiqué que le festival, qui tend à promouvoir le dialogue interculturel et interreligieux et le vivre-ensemble harmonieux, prône aussi les valeurs de cohabitation, de rapprochement et de compréhension, ajoutant que cette soirée artistique andalouse est une invitation renouvelée à faire revivre et à se remémorer la beauté et l’âge d’or de l’Andalousie.

(MAP)

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