Le Ramadan est l’un des cinq piliers de l’islam. C’est une obligation physique et morale que tout musulman remplissant les conditions requises doit accomplir durant le neuvième mois lunaire de l’Hégire : le mois de Ramadan.

Le mois sacré est donc à nos portes et il est de notre devoir de s’y préparer pour le recevoir, non pas comme un acte individuel d’abstinence de nourriture ou tout autre désir physique, mais en tant qu’effort spirituel qui vise la perfection et le comportement de la personne, envers elle -même et en vers la communauté. Car la dimension sociale du Jeûne est fondamentale, sans l’ombre d’un doute. C’est sur elle que repose la portée morale et spirituelle de Ramadan.

Jeûner ne consiste pas en l’abstinence alimentaire, mais en l’observation d’un ensemble cohérant de comportements physique, spirituel et moral. Un comportement qui transforme, voire améliore nos habitudes quotidiennes, envers nous-mêmes et envers la communauté. C’est la responsabilité de chacun de participer de façon active à la vie sociale. Jeûner, c’est s’engager sur les plans personnel et familial, qui semble aller de soi, mais, c’est aussi un acte citoyen qui doit s’accompagner d’une attention particulière à l’égard de la vie de quartier et des préoccupations des plus démunis parmi nos voisins. Jeûner est aussi un geste de solidarité et un appel au partage, pour défendre la justice sociale car, accomplir cet acte, c’est faire l’expérience de la privation, de la faim et de la soif.

Jeûner, c’est nous rappeler qu’il existe des droits basiques pour lesquels nous devons nous mobiliser ensemble pour lutter contre la famine, la misère et la privation. Une dimension sociale au même titre que la portée spirituelle et morale de l’acte lui-même qui inscrit en nous la réalité de notre destin envers notre prochain, et particulièrement celui qui est dans le besoin et qui doit rester digne, au moins en ces jours sacrés de Ramadan.

Le mois de Ramadan est aussi le mois de la tolérance et du pardon durant lequel nous devons nous interdire toute forme de différends et de querelles quelles qu’en soient les causes. C’est le mois du dépassement de tous les conflits qui peuvent affecter notre sérénité et nos relations avec l’Autre. Et, l’effet spirituel du jeûne apparait sur notre comportement à travers nos gestes de bonté, de bienfaisance, de douceur et de tolérance. Une attitude que nous devons adopter pendant et en dehors de ce mois sacré, d’ailleurs.
Au final, je dirai faisons du mois de Ramadan une ascèse (SAWM) et non juste une abstinence ( SIYYAM). Bon RAMADAN.

Anissa Enbaya

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