« Ne le dis à personne, surtout ne le répète pas, je te le dis, mais c’est un secret… », écrit le professeur et psychiatre Laurent Schmitt, en introduction de son livre « Le Secret », paru dans les éditions Odile Jacob. À partir de son expérience professionnelle, à travers des récits de ses patients, Laurent Schmitt tente de répondre à plusieurs questions relatives à la notion de secret et à la relation entre les gens et leur vie intime.

Qu’est-ce que le secret ? Quelle place tient-il dans notre vie et notre conscient? Est-il un rempart entre notre intimité et notre espace social?

Pour Laurent Schmitt, « On côtoie le secret depuis notre enfance. Quelqu’un qui n’a aucun secret, serait une personnalité un peu trop lisse un peu trop transparente, et finalement, Les secrets, c’est un des charmes de la personne ».

Pour Laurent Schmitt, « bien souvent les gens ne cachent pas. Mais il y a des épisodes de leur vie, qu’ils maintiennent dans le secret, soit qu’ils ont été douloureux, comme la disparition d’une personne, soit qu’ils ne connaissent pas des épisodes d’une génération à l’autre, ou des fois des choses qu’ils cherchent à cacher comme des fautes ou des erreurs ».

Et, comme toute notion abstraite, La frontière demeure floue quant à la définition de Secret. Le professeur Schmitt distingue, à cet égard, deux types de secrets : ce qu’on appelle les secrets néfastes ou délétères, comme les secrets de filiation, les infidélités ou les secrets de fautes, et les secrets qui nous protègent dans certaines circonstances difficiles, qui nous permettent d’affronter l’adversité ou les situations difficiles. Ce genre de secret nous permet de rester debout, de ne pas sombrer dans la dépression. Ils peuvent même jouer un rôle décisif dans notre destin ou changer la trajectoire de notre vie.

Le professeur Schmitt cite en exemple, le leader Nelson Mandela en soulignant dans son livre que : « Mandela, incarcéré en prison, se recitait des poèmes secrètement, lisait de la littérature pour affronter l’adversité… il résistait ainsi à une forme de résilience, à partir de récits de passion où le secret a joué un rôle. ».

Il reste que l’espace de l’intime est à géométrie variable car ses limites sont floues. Ce qui est secret pour les uns, ne l’est pas pour les autres, les limites évoluant ainsi en fonction de la personnalité de l’individu, de ses relations sociales, mais aussi en fonction de l’évolution des normes de la société dans laquelle il évolue.

De nos jours, l’espace public détermine bien l’expression de l’intime par des représentations sociales plus ou moins stéréotypées et l’intimité est devenue surexposée et presque sans secrets. Face au développement fulgurant des moyens de communication et des réseaux sociaux, tout a perdu de son intimité et personne n’a plus de secret… pour personne.

Il nous revient, à Nous, de préserver notre intimité et de savoir garder nos secrets….

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